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jeudi, décembre 11 2008

Les Golden Master Yoshi 2008



J'ai fini mon année ciné et on peut dire que 2008 fut un très grand cru (très hardu de départager les 7-8 premiers films du classement).
Seuls deux bouses infames se distinguent (Fête du Cinéma oblige) mais sinon tout les autres films vus méritent la moyenne.
Alors sans plus tarder, voici le classement.


Premier : No Country For Old Men
Encore un chef-d'oeuvre des frères Coen. Une réalisation éblouissante, un scénario halletant, et des acteurs en grande forme : Tommy Lee Jones, Josh Brolin mais surtout Javier Bardem énorme en tueur psychopate. Le film de l'année.

Deuxième : The Dark Knight
Heath Ledger est énorme dans un Joker différent de celui de Nicholson dans le Burton. Christopher Nolan se démarque aussi de Burton par son approche plus réaliste de Batman (et c'est tant mieux). Il ne faut pas non plus minimiser la prestation d'un Aaron Eckhart excellent en Harvey Dent / Double Face. On en oublierait presque les navets de Schumacher. Le film de super-héros de l'année.

Troisième : Bons Baisers de Bruges

A la fois la comédie et le thriller de l'année. On a un peu de mal à se faire au mélange des genre au début mais on se laisse par la suite facilement emporter par cette magnifique histoire. La bonne surprise de l'année.

Quatrième : Two Lovers

Ou comment avec des thèmes simples on peut captiver le spectateur pendant presque deux heures.

Cinquième : JCVD

Ou comment avec un bon scénar et une réalisation ambitieuse, on peut prouver que Jean-Claude Van Damme est autre chose qu'un simple acteur de films d'action. Le film francophone et le come-back de l'année.

Sixième : Wall-E

Pas le plus drôle des films d'animation, mais très certainement le plus émouvant. Dessin animé très mature. Le film d'animation de l'année.

Septième : L'Echange

Encore un très beau film d'un des meilleurs réalisateurs actuels : Clint Eastwood. Mais tout de même un peu en deça de ce qu'il nous avait habitué.

Huitième : Quantum of Solace

Moins subtil que Casino Royale mais Quantum of Solace est vraiment plaisant et ce en grande partie grace à Daniel Craig et des scénaristiques plus inspirés que précédemment. La confirmation de l'année.

Neuvième : 3h10 pour Yuma

James Mangold remet au gout du jour un genre en voie de disparition. Western plus explosif et dynamique que d'habitude. Le duo Bale-Crowe fonctionne bien. Le western de l'année.

Dixième : There Will Be Blood

Malgré quelques longueurs, There Will Be Blood est une reconstitution historique assez grandiose. L'épopée historique de l'année.

11. Be Kind Rewind
12. Black Sheep
13. La bande à Baader
14. John Rambo
15. Burn After Reading
16. Hellboy II
17. Mesrine 2 : l'Ennemi Public n°1
18. Iron Man
19. Gone Baby Gone
20. Appaloosa
21. Bienvenue chez les ch'tis
22. La Momie 3
23. Indiana Jones 4
24. Hancock
25. Valse avec Bachir
26. Le plaisire de chanter
27. Mesrine : l'Instinct de mort
28. Au bout de la nuit
29. Seuls Two

lundi, décembre 8 2008

Mesrine : l'Ennemi public n°1




Dès le début du film, Jean-François Richet a l'air de s'excuser en diffusant un message qui précise qu'il est difficile de cerner et de traiter le plus près possible de la mentalité d'un homme. Mais en tout cas, c'est seulement en essayant que l'on peut réussir. Et là où l'Instinct de mort ne proposait finalement pas grand chose, Richet dans l'Ennemi Public n°1 se mouille et donne une vision du personnage, "sa" vision de Mesrine.

Mesrine apparait donc comme un gangster complètement mégalo : il écrit un bouquin, est beau parleur (les scènes au tribunal sont hilarantes), surveille son image. Richet insiste vraiment sur ce point. Mesrine se veut une sorte de révolutionnaire mais c'est bien sa mégalomanie qui l'amène à cela plus qu'une quelconque idéologie. Alors c'est peut-être dommage que le film appuie aussi sur le côté sympathique de Mesrine (même s'il n'y est pas glorifié) et ne le montre pas comme il était vraiment c'est-à-dire un gangster bien moins séduisant, mais le film est beaucoup plus plaisant car il est un plus qu'un simple enchaînement des faits (ce qu'était en fait l'Instinct de mort). Les ellipses narratives sont moins nombreuses et donc mieux gérées, s'attardant notamment à des faits marquants de la période Ennemi Publique n°1 de Mesrine.

Dans la pleïade de star du casting, seul la présence d'Amalric est à retenir (très juste dans le role de Besse) et on oubliera vite avoir vu Ludivine Sagnier (sauf certaines 2-3 secondes), Gérard Lanvin (quoique un accent aussi pourri c'est difficilement oubliable) etc. La bande originale est plus mémorable et attrayante que dans le premier volet (London Calling des Clash entre autres) mais elle est de temps à autre un peu trop présente et ça a tendance à gacher certaines scènes.

Mais dans l'ensemble, Mesrine 2 : l'Ennemi Public n°1 est une bonne surprise après l'absence d'idées de la première partie du dyptique.

samedi, décembre 6 2008

Two Lovers




James Gray revient dans les salles, un an après La Nuit Nous Appartient, avec son nouveau film : Two Lovers. Il change donc complètement de registre, passant du thriller au drame amoureux, mais donne toujours la part belle à ses personnages.

Et le protagoniste masculin du film est bien évidemment Joaquin Phoenix. On aurait pu trouver le choix de Joaquin Phoenix pour interpréter un vieux garçon suicidaire à la vie sentimentale (voire la vie tout court) merdique un peu osé, ou tout du moins risqué. Ce serait oublier que Joaquin est l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération, si ce n'est le meilleur. Alors même si Joaquin est bien aidé par des situations quotidiennes, admirablement écrites, sa prestation incroyable de justesse et touchante devrait le conduire vers l'Oscar du meilleur acteur.

Mais le film n'est vraiment pas à réduire à la simple prouesse de Joaquin Phoenix mais aussi au reste du casting (et notamment les deux personnages féminins principaux) et à une histoire superbement ficelée. James Gray a réussi à rendre Gwyneth Paltrow supportable et même parfois désirable, et Vinessa Shaw n'est pas non plus en reste. Et c'est l'occasion de revoir Isabella Rossellini en mère oppressante de Leonard (Joaquin Phoenix). Le scénario sans aborder quelque chose d'extraordinaire de par son fond, est on ne peut plus captivant et donc énorme de par sa forme. On se dit vraiment à la fin du film que l'histoire n'aurait pas pu être mieux écrite.

Un des excellents films de 2008 et on regrettera beaucoup la décision de Joaquin Phoenix de se consacrer à la chanson, avec le talent d'acteur qu'il possède.

lundi, décembre 1 2008

L'Echange




Clint Eastwood est l'un des réalisateurs les plus productifs de ces dernières années. Mais il ne se limite jamais à la quantité, et propose bien souvent des films de grande qualité voire même quelque fois des chef d'oeuvre.

Dans l'Echange, on retrouve le talent d'Eastwood dans la réalisation, la musique (dont il est le compositeur) et l'image (très travaillé comme pour ses deux derniers films du dyptique Iwo-Jima). Eastwood s'est aussi magnifier ses acteurs (ou actrices plutôt) : après avoir donné à Hillary Swank le rôle de sa vie dans Million Dollar Baby, il remet ça en sortant Angelina Jolie de ses blockbusters ringards. Alors Angie sera surement en compétition pour l'Oscar de la meilleure actrice cette année car elle y livre une prestation parfaitement juste, comme tout le reste du casting d'ailleurs.

En effet, ce coup-ci Eastwood a mis le paquet en ce qui concerne le choix de ses personnages secondaires : John Malkovitch en pasteur politique (un peu sous-exploité), Jeffrey Donovan en capitaine de police absolument ignoble, Geoffrey Pearson en éloquent avocat, mais encore Amy Ryan ou Michael Kelly. Il est donc un peu injuste de se limiter à la seule performance de Jolie et de ne pas noter l'attention particulière sur le choix des acteurs et leur agencement.

Alors même si tout le long du film, on est dans l'inquiétude de savoir si le fils de Christine Collins est vivant, l'Echange est tout de même moins intense que la plupart des derniers films d'Eastwood. Mais le film se regarde vraiment bien, malgré sa durée conséquente, en dénonçant les méthodes de l'époque de la police notamment.

Encore un très bon film de Clint Eastwood.

dimanche, novembre 30 2008

La bande à Baader




Le cinéma allemand a connu un certain renouveau ces dernières années et s'exporte de mieux en mieux partout dans le monde. Le succès récent de La Vie Des Autres dans toutes les cérémonies du 7ème art en est la dernière confirmation.

Alors les espoirs placés dans La Bande à Baader, le film allemand de l'année donc, sont grands, d'autant plus que Martina Gedeck, grande actrice allemande déjà excellente dans La Vie Des Autres, a un des rôles principaux.

A ce niveau, le titre français La Bande à Baader est un peu réducteur et le titre original, Der Baader Meinhof Komplex, apparait plus approprié. En effet Uli Edel, le réalisateur, a l'air de plus insisté sur le personnage de Meinhof : grande journaliste de gauche aux éditos bien tournés qui tombe dans le radicalisme puis le terrorisme.
Baader n'est pas mis de côté pour autant, mais il apparait en fait moins intéressant et peut être plus facile à cerner. L'impression que le film donne est que Baader est le leader du groupe et à l'origine de ses convictions politiques extrêmistes, mais il n'apparait pas toujours très réfléchi et à plus l'ame d'un vulgaire gangster en pleine période de Guerre Froide et de libération sexuelle. A noter ici la superbe plastique de Johanna Wokalek qui incarne Gudrun Ensslin la copine de Baader, mais qui n'est pas autant une potiche : elle en est en quelque sorte la plus extrêmiste du groupe et inutile de dire que ces coups de gueule en allemand rendent plutôt bien.

Le début du film est assez impressionnant et l'escalade de la violence en RFA est admirablement retranscrite. L'utilisation de vraies images d'archives est bien faite et les ellipses narratives obligatoires vu la longue période traitée passent sans problème. Bon par contre le film est surement trop long d'au moins une demi-heure mais on se serait alors privé de "la" scène drôle du film et de la toute dernière image du film assez évocatrice sur la mentalité d'un groupe terroriste.

Un bon film sur une période de l'Histoire allemande peu connue pour le spectateur moyen.

lundi, novembre 24 2008

Hellboy II : les légions d'or maudites




Hellboy II : les Légions d'or maudites est le dernier film de super-héros sorti cette année. Le dernier, mais pas le moins intéressant.

En effet, Hellboy II a de grosses qualités et ce sont celles qui faisait plutôt défaut aux autres films du genre cette année. Tout d'abord, on en prend pleins les yeux. L'univers d'Hellboy est assez impressionnant graphiquement parlant et les 85 millions de dollars de budget ne suffisent pas à expliquer cela. Par contre, savoir que c'est Guillermo Del Toro a la réalisation, là on comprend tout de suite mieux. La réalisation de Del Toro est d'ailleurs remarquable, d'autant plus que ces derniers temps, on a de plus en plus souvent le droit à des scènes d'action ultra-découpés avec un nouveau plan chaque seconde. Dans Hellboy II, les scènes d'action sont très fluides et Del Toro varie les plans avec talent.

Autre point fort du film : le bestiaire. Tout le long du film, on rencontre un nombre important de monstres et autres bêtes fantastiques plus classes les uns que les autres (gros coup de coeur pour Mr Wink). Mais cela ne s'arrête pas à une simple accumulation, les ennemis d'Hellboy sont plus charismatiques et les combats contre ceux-ci sont assez conséquents et grandioses.

Les petites piques d'humour font aussi sacrément plaisir. Mais Hellboy II, quand à son message, garde tout de même le côté un peu niais de ce genre de film. Dommage mais il ne faudrait pas passer à côté d'Hellboy II pour autant.

dimanche, novembre 9 2008

Mesrine : l'Instinct de mort




Le biopic est de plus en plus tendance. Il faut dire qu'après les succès de Ray ou La Môme, pour ne citer que les succès les plus connus, les producteurs de cinéma voient là un moyen pas trop risqué de faire recettes. Et Mesrine fera surement parti des réussites financières du genre, et ce malgré sa médiocrité.

Le film agace sur plusieurs points.

Tout d'abord, il n'y a aucune prise de risque dans la réalisation vraiment trop sage et quasiment téléfilmesque de Jean-François Richet. Même si cette première partie du dyptique de Richet traite de l'ascension de Mesrine, qui n'est pas encore l'ennemi public n°1, on a vraiment pas le sentiment que Mesrine a une importance à ses yeux. La psychologie du personnage est par exemple complètement baclée : elle est torchée en deux minutes dans une scène au début du film et l'explication qui en découle est en plus assez simpliste.
Ce qui agace aussi c'est le parti pris de raconter la vie de Mesrine date par date, ce contentant presque de raconter les faits et rien que les faits sans mettre de passion et du liant dans l'histoire (autant regarder le Fêtes entrer l'accusé spécial Mesrine si tel est le cas). Il aurait surement mieux valu s'attarder sur une période plus courte de la vie de Mesrine mais en donnant une petite touche romanesque aux faits.
Alors après c'est sure, Mesrine : l'Instinct de mort, pour un film français, choque par sa violence mais on peut difficilement en faire un argument de vente, le spectateur ayant déjà été habitué à bien pire par certains cinémas étrangers.

Mesrine est donc assez décevant mais les producteurs n'ont pas à s'inquiéter, il devrait facilement rentrer dans leurs sous notamment grace au casting conséquent du film (Depardieu, Cassel, de France ...). On garde néanmoins un léger espoir pour que la deuxième partie du dyptique, c'est à dire Mesrine : l'Ennemi public n°1, soit un peu plus intéressante que la première partie.

samedi, novembre 8 2008

Quantum of Solace




Après l'excellent Casino Royale, l'attente pour le prochain James Bond en était d'autant plus importante. Quantum of Solace ne déçoit pas et confirme le tournant qu'a pris la saga James Bond depuis l'intronisation de Daniel Craig dans le rôle principal.

Car en effet, Daniel Craig est parfait pour incarner ce "nouveau" James Bond : plus sanguin, plus bourrin, moins britannique en somme (comme quoi, la mondialisation touche vraiment tous les domaines). Mais Daniel Craig ne pourrait pas faire grand chose s'il n'y avait pas en plus un changement de philosophie dans l'approche de l'histoire et des personnages.
Il est fini le temps où les grands méchants aux physiques particuliers voulaient à tout prix détruire le monde (ils ont aujourd'hui la motivation la plus rationnelle qui puisse exister : l'argent).
Fini aussi les James Bond girls qui ne sont là que pour tomber dans le filet du beau britannique et se faire descendre la seconde d'après : si Olga Kurylenko n'est pas Eva Green, son personnage est tout de même à des années lumière des bécasses de l'ère Brosnan.
La saga se renouvelle et c'est tant mieux, car elle commençait sérieusement à avoir un côté stupide et agaçant par son propre niveau de bétises.

Alors certes, la réalisation de Marc Forster est loin d'être parfaite, surtout en ce qui concernes les scènes d'action, qui sont bien souvent confuses : les plans se succèdent à une vitesse hallucinante et le spectateur a parfois du mal à s'y retrouver. Mais le scénario n'est pas si vide qu'il n'y parait et on est en quelque sorte dans la continuité de Casino Royale : ce n'est pas un simple film de vengeance comme certains ont pu le dire un peu rapidement. Les auteurs ménagent bien les temps forts et pousse un peu plus le côté comique (la relation mère-fils de James Bond et M, certaines répliques d'Amalric etc) de la saga James Bond tout en s'éloignant de l'humour anglais, aujourd'hui un peu kitsch et ringard.

Quantum of Solace confirme donc les espoirs placés dans la saga James Bond depuis Casino Royale et on attend déjà avec impatience le prochain James Bond. Avec Daniel Craig évidemment.


Et pour finir, un petit mot sur le générique du film, véritable institution de la saga James Bond : le visuel est assez moche, enfin tout du moins il ne restera pas dans les mémoires mais la musique Another Way To Die interprétée par Alicia Keys et le leader des White Stripes, Jack White, est assez énorme.